Nature, fais-nous mal !

slapLa « manière forte », le bâton, « une bonne paire de claques » (merci Boris Vian), appelez ça comme vous voudrez, c’est, je pense, ce qu’il faut à notre espèce afin qu’elle change ses conduites délétères pour la biosphère (et donc pour elle-même). Je ne parle pas ici de « sauver la planète », une expression que j’entends et je lis souvent, même dans les milieux environnementaux. C’est mal connaître la longue histoire de notre planète qui en a vu d’autres. Sur les 4,54 milliards d’années de la Terre (à environ 50 millions d’années près), l’époque géologique de l’Holocène, commencée il y a près de 12 000 ans, ne représente que 0,0000026 % de son histoire. C’est notamment grâce à un climat relativement stable durant l’Holocène que notre espèce a pu développer l’agriculture, qui permettra notre expansion. Bref, nous ne sommes absolument pas nécessaires à la « survie de notre planète », cette dernière expression étant d’ailleurs tout aussi inappropriée. Par contre, la santé des écosystèmes, qu’ils soient terrestres ou marins, la biodiversité, une température de l’atmosphère stable et encore beaucoup d’autres indicateurs sont nécessaires à notre survie et à celle de nombreuses autres espèces. Lire la suite

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Végétation de la toundra arctique : de puits à source de carbone ?

ArcticTundra_gromhellscreamViaFlickr

Paysage de toundra arctique – Crédit Gromhellscream via flickr

Transformer la toundra arctique en une immense source d’émission de carbone plutôt qu’en puits important. C’est littéralement le danger qui guette la planète alors que la zone arctique dégel à un rythme sans précédent.

 

Ce risque grandissant vient d’être mieux compris par une équipe du Darmouth College en s’intéressant à la transformation du sol de cette région dans laquelle l’augmentation des températures est la plus rapide sur Terre. L’équipe dirigée par Julia Bradley-Cook a mesuré la capacité de stockage de carbone et la sensibilité à la température de deux types de sols présents dans cette région : le sol associé aux zones à forte présence de graminées et celui dominé par une végétation composée d’arbustes.

Deux types de sol ont été collectés dans l’ouest du Groenland à deux profondeurs différentes (0-20 cm et 20-40 cm) et ont été incubés à 5 températures de fonte, soit 4, 8, 12, 16 et 24 °C et finalement à 2 niveaux d’humidité de 40 et 60 %.

Les résultats de l’étude indiquent que le sol sur lequel poussent les graminées peut stocker plus de carbone, mais relâche aussi plus facilement celui-ci en cas de décomposition. Il possède aussi une sensibilité plus élevée à la température. Au contraire, le sol associé aux arbustes en territoire arctique stocke moins le carbone, mais est aussi moins sensible à l’augmentation de son humidité.

Les modèles climatiques qui tiennent compte du réchauffement climatique causé par les activités humaines indiquent des températures et une humidité plus élevées, des conditions qui vont fortement défavoriser les graminées au profit des arbustes. Cette expansion des arbustes signifie un sol qui capte beaucoup moins le carbone et une respiration plus forte du sol des graminées, relâchant donc plus de carbone dans l’atmosphère.

L’étude du Darmouth College a été publiée dans la revue Climate Change Response.

ToundraArctique+texte

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Inégalités et émissions de CO2

Un excellent billet de Jeanne Emard sur les inégalités et les émissions de CO2.Moralité : comment les riches détruisent la planète (excellent livre de Hérvé Kempf d’ailleurs).

émissions de CO2J’ai lu la semaine dernière deux études différentes portant sur la répartition des émissions de gaz à effet de serre (GES) en fonction du revenu et de la consommation, études qui arrivaient aux mêmes conclusions! La première (merci à Houda Rochdi pour l’avoir conseillée sur Facebook) a été publiée par OXFAM et est intitulée Inégalités extrêmes et émissions de CO2, tandis que la deuxième, intitulée Carbon and inequality: from Kyoto to Paris, (Le carbone et les inégalités : de Kyoto à Paris) a été rédigée par Lucas Chancel et Thomas Piketty. Comme leur résultats sont semblables, je me concentrerai au début sur la première pour ensuite présenter seulement quelques éléments de la deuxième.

Faits saillants de l’étude d’OXFAM

Même si l’étude d’OXFAM a été assez bien couverte par les médias, notamment par le Devoir, il n’est pas inutile de mentionner ses principaux constats :

  • comme le montre l’image…

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L’effondrement

Un excellent résumé de l’ouvrage à lire sur le blogue de Jeanne Émard.

collapsologieQuand j’ai écrit un billet sur le livreDestruction massive – Géopolitique de la faim de Jean Ziegler, je n’ai pas pu faire autrement que de le qualifier de livre d’horreur. Bien que l’image était selon moi bien choisie, elle s’applique encore plus à Comment tout peut s’effondrer : petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes de Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Le début

«Tout le monde a su que le GIEC avait publié un nouveau rapport sur l’évolution du climat en 2014, mais a-t-on vu un réel débat sur ces nouveaux scénarios climatiques et sur leur implication en termes de changement social? Non, bien sûr. Trop catastrophiste.»

Cette citation, tirée de l’introduction du livre, met bien la table pour la suite. Comment cela se fait-il que la population et les politiciens n’aient pas réagi davantage face à ce rapport plus qu’inquiétant? Avant d’aborder…

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Fausse pause dans le réchauffement climatique 

Les négationnistes du réchauffement climatique d’origine anthropique auront beau tenter de trouver des subterfuges pour nier les faits, ils se heurteront à la science pour rétablir la vérité.

En voici un autre exemple avec la soi-disant ‘’pause’’ dans le réchauffement climatique qui contredirait les assertions de la communauté scientifique selon les négationnistes et prouverait que le GIEC a tout faux. Trois chercheurs en science du climat viennent de produire une étude qui confirme qu’il y a bien un ralentissement dans l’augmentation de la température moyenne de l’hémisphère nord depuis 10 à 15 ans, mais que ce ralentissement est causé par le décalage dans le temps et dans l’amplitude de deux oscillations océaniques.

L’oscillation atlantique multidécennale ou AMO (bien expliquée sur ce blog) s’étend sur 50 à 70 ans, l’oscillation pacifique décennale s’étend quant à elle sur 10 à 30 ans. Quand l’océan Atlantique se refroidit, l’océan Pacifique se réchauffe et vice-versa. Mais la période et l’amplitude de ces deux oscillations sont légèrement décalées si bien que durant les dernières décennies, l’amplitude du refroidissement du Pacifique a été supérieure à l’amplitude du réchauffement de l’Atlantique. Cependant, les relevés montrent que l’amplitude de l’AMO a été relativement faible depuis quelques décennies, ce qui n’explique pas le ralentissement dans l’hémisphère nord.

Par contre, en utilisant les modèles climatiques les plus perfectionnés et en observant l’oscillation pacifique à une échelle multidécennale, les chercheurs sont arrivés à mettre en corrélation la phase froide de l’oscillation pacifique avec la faible amplitude de l’oscillation atlantique depuis la dernière décennie. Conclusion : le réchauffement climatique est tempéré par cette corrélation même si nous émettons toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Selon les auteurs, lorsque cette période ‘’tampon’’ s’arrêtera, l’oscillation risque fort d’amplifier le réchauffement causé par nos émissions, mais il est encore impossible de prédire quand cela arrivera…

Steinman, Mann & Miller. 2015. Atlantic and Pacific multidecadal oscillations and Northern Hemisphere temperatures. Science. Vol. 347 no. 6225 pp. 988-991

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Les récifs coralliens au bord d’un effondrement généralisé

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Récif de coraux blanchis dans le Golfe de Thaïlande, au large de Phuket. Crédit photo : Ayesea via Flickr

Par Jérémy Bouchez, créateur de Sciencesenviro.

Le déclin généralisé des récifs coralliens de la planète a très probablement passé un point de non retour. C’est ce que de plus en plus d’études viennent confirmer alors que les océans s’acidifient et se réchauffent à mesure que nous émettons toujours plus de CO2 dans l’atmosphère.

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Réchauffement climatique : les tempêtes de neige extrêmes seront toujours présentes

SNOWSTORM

Crédit : Dave Kaup/Reuters

Dans les scénarios de réchauffement climatique de plusieurs degrés, il y aura moins d’accumulation de neige en moyenne, mais paradoxalement, les événements extrêmes d’accumulation de flocons seront toujours présents dans l’hémisphère nord. C’est la conclusion d’une étude de Paul O’Gorman, professeur associée au département de la Terre, de l’atmosphère et des sciences planétaires du MIT à Boston.

Cela peut sembler paradoxal, mais l’étude d’O’Gorman fait partie des rares études qui s’intéressent plus particulièrement à la réponse du climat vis-à-vis des événements extrêmes d’accumulation de neige ou tempêtes de neige. Le chercheur a basé son étude sur 20 modèles climatiques différents qui ont chacun été projetés sur une période future de 100 ans. Chaque modèle représente un scénario spécifique d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Conformément à ce à quoi on devrait s’attendre, les régions de basse altitude avec des températures moyenne juste en dessous du point de congélation l’hiver voient une réduction de 65 % des épisodes neigeux dans les scénarios élevés de réchauffement climatique. Cependant, toujours dans les mêmes scénarios, ces mêmes régions voient une diminution de seulement 8 % de l’intensité des épisodes neigeux extrêmes. De plus, les régions de hautes latitudes verraient au contraire une augmentation de 10 % dans l’intensité des tempêtes de neige!

O’Gorman note que cela pourrait inciter les gens à croire que le réchauffement climatique n’est pas une réalité, alors que c’est justement la réaction du système atmosphérique à une plus grande quantité d’humidité dans l’air qui participe à ce paradoxe. 

Plus de détails sur le site du MIT et voici le lien de l’article d’O’Gorman dans Nature.

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