Réchauffement climatique : 10 fois plus rapide que n’importe quand depuis 65 millions d’années

Lake Hume en Australie. Ce réservoir d'eau douce qui alimente la région de Sydney a atteint un niveau relativement bas en 2012, essentiellement à cause des canicules extrêmes. Crédit :  Tim Keegan via Flickr

Lake Hume en Australie. Ce réservoir d’eau douce qui alimente la région de Sydney a atteint un niveau relativement bas en 2012, essentiellement à cause des canicules extrêmes. Crédit : Tim Keegan via Flickr

« La planète est en train de subir un des plus importants changements climatiques depuis que les dinosaures ont disparu. Mais ce qui pourrait bien être encore plus dommageable pour l’être humain, les plantes et les animaux s’avère être la rapidité du changement. »

Ce sont les conclusions d’une étude conduite par une équipe de scientifiques de l’université Stanford. Noah Diffenbaugh, professeur associé en science du système environnemental de la Terre et Chris Field, professeur en biologie et en science du système environnemental de la Terre et directeur du département d’écologie globale de la Carnegie Institution font remarquer que « la rapidité du changement durant le prochain siècle sera au moins 10 fois plus rapide que n’importe quel changement climatique des derniers 65 millions d’années.« 

Selon Diffenbaugh et Field, cela implique que beaucoup d’espèces vont devoir effectuer des adaptations comportementales, évolutives ou géographiques pour survivre au stress que les écosystèmes terrestres vont subir partout sur la planète. Ils ont ainsi basé leur recherche (vaste tout en étant ciblée) en tenant compte de la littérature scientifique existante sur « les aspects des changements climatiques qui peuvent affecter les écosystèmes », et ont également étudié « de quelle manière les récentes observations et prévisions pour le prochain siècle peuvent se comparer à des événements passés dans l’histoire de la Terre. »

Par exemple, la planète a subit un pic d’augmentation de température de 5º C il y a 20000 ans (tracé rouge sur le graphique en fin d’article), alors que la Terre sortait de la dernière ère glaciaire. C’est un changement comparable aux prévisions les plus élevées concernant le réchauffement pour le 20ème et le 21ème siècle.

Durant ce réchauffement qui a duré plusieurs milliers d’années, les espèces ont recolonisé les espaces libres de glace et sont remontées vers le nord à mesure que la calotte glaciaire disparaissait. Cependant, le réchauffement que nous subissons se déroule sur quelques décennies seulement, un rythme bien plus rapide que jamais vu depuis les 65 derniers millions d’années. Les auteurs notent que l’on peut déjà se rendre compte que de nombreuses espèces ont beaucoup de mal à s’adapter à ce changement très rapide.

Non seulement le changement est-il beaucoup plus rapide, mais les écosystèmes doivent également faire face au stress engendré par les activités humaines comme l’urbanisation, la pollution de l’air et de l’eau ou encore la déforestation. Des facteurs qui n’existaient pas lors des derniers épisodes de réchauffement climatique.

Les deux auteurs ont également analysé une vingtaine de modèles climatiques décrivant les possibles conditions climatiques qui découleront de la hausse des températures mondiales d’ici la fin du siècle. Ainsi, tous les modèles prévoient un renforcement des événements climatiques tels que les canicules ou encore les précipitations extrêmes.

Par exemple, si les émissions mondiales de CO2 ne sont pas drastiquement réduites, les températures annuelles au dessus de l’Amérique du nord, de l’Europe ou de l’est de l’Asie augmenteront de 2 à 4º C autour de 2046-2065. Avec cette montée des températures, l’été le plus chaud des 20 dernières années sera la norme chaque année.

Finalement, certains événements extrêmes imputables au réchauffement climatique seront inévitables compte tenu du fait que l’espèce humaine a déjà relâché des quantités importantes de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, cette dernière ainsi que les océans s’étant déjà réchauffés sensiblement. Cependant, les événements les plus extrêmes ne sont pas encore coulés dans le béton et l’espèce humaine peut encore influer sur de nombreuses variables afin de ralentir la vitesse du changement et sa magnitude.

L’article est publié dans la revue Science et fait partie d’un rapport spécial de la revue intitulé Natural Systems in Changing Climates.

RC dernier âge glaciaire

Graphique de l’évolution depuis les derniers 220000 ans de la concentration de méthane et de CO2 dans l’atmosphère ainsi quede l’évolution des températures moyenne (courbe du milieu).

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